Le héros walsérien, éternel vagabond, cultive l’art de la promenade et ne cesse de se déplacer de la ville à la campagne dans une forme d’errance légère mais vitale. Walser lui-même ne cesse de revendiquer cette activité qu’il place au cœur de son expérience poétique. Son regard, ne cesse de glisser sur le monde qu’il croise et qui devient sujet de sa prose ou de sa poésie. Marcher c’est commencer à écrire l’œuvre vagabonde….
Nous vous proposons dès lors, à la suite de certaines représentations de R.W. premier dialogue, de suivre les acteurs dans une promenade qui nous conduira dans le Parc du Palais Royal.
Sortir du théâtre, c’est pour nous, poursuivre l’aventure walsérienne, et inventer d’autres formes narratives et poétiques qui entreront en résonance avec la nature et les lieux environnants.
« Songez comme l’écrivain s’appauvrirait et serait condamné à un piteux échec, si la maternelle, paternelle, enfantine nature ne lui faisait pas connaître sans cesse à nouveau la source du bon et du beau. Sans la promenade et la vision de la nature qui s’y attache, sans cette information aussi plaisante qu’instructive, aussi rafraîchissante que constamment monitoire, je me sens comme perdu et je le suis en fait. C’est avec la plus grande attention et sollicitude que celui qui se promène doit étudier et observer la moindre petite chose vivante, que ce soit un enfant, un chien, un moucheron, un papillon, un moineau, un ver, une fleur, un homme, une maison, un arbre, une haie, un escargot, une souris, un nuage , une montagne, une feuille ou ne serait-ce qu’un misérable bout de papier froissé et jeté, où peut-être un gentil et bon petit écolier a tracé ses premières lettres maladroites. »
Robert Walser/ extrait de La promenade |
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