Bourse d’écriture Claude Étienne

Les 3 lauréates

Claude Étienne (1917-1992), fondateur du Rideau de Bruxelles et découvreur de nouveaux talents durant près d’un demi-siècle, a joué un rôle majeur dans la reconnaissance des auteurs dramatiques de Belgique francophone. Aussi est-ce tout naturellement que le Rideau de Bruxelles, désireux d’accentuer son soutien aux jeunes auteurs de notre communauté, prend aujourd’hui la décision de donner le nom de ce grand pionnier à une nouvelle bourse d’aide à l’écriture.

En collaboration avec le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (CED-WB), le Rideau a donc en place, sous l’intitulé « Bourse d’écriture Claude Étienne », un programme de soutien et d’accompagnement des écritures émergentes en Fédération Wallonie-Bruxelles.

Dans ce cadre, et sur la base d’un appel à projets, trois aides à l’écriture seront désormais attribuées par saison.

Ces aides ont pour objet de soutenir un projet d’écriture relevant des Arts de la Scène (théâtre, théâtre jeune public, arts du cirque et de la rue, danse…).
Elles sont réservées à des autrices et auteurs émergents de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Par “émergents”, on entend des autrices et auteurs qui n’ont pas vu plus de deux de leurs textes portés à la scène dans un contexte professionnel.
Par “de la Fédération Wallonie-Bruxelles”, on entend des autrices et auteurs dont la langue d’écriture est principalement le français, et qui sont soit de nationalité belge, soit résidents en Belgique depuis au moins un an à la date de dépôt de candidature.

Pour cette première édition, le Rideau a reçu pas moins de 146 candidatures, Cet engouement nous réjouit et démontre si besoin en était que la mise en place d’un tel dispositif de soutien aux écritures dramatiques de notre communauté répond à une vraie nécessité. Un peu plus de 60 % des candidatures étaient portées par des femmes.

Le jury, composé de membres du comité de lecture du Rideau La Liseuse, a attribué les 3 bourses à

   
Nerina CocchiRéhab MehalEmma Pourcheron
© Andrea Messana
© Tristan Schotte
 

Ces aides comprennent chacune :

  • une bourse d’écriture de 5 000 € ;
  • un accompagnement dramaturgique avec possibilité de résidence d’écriture à Mariemont proposé par le Centre des Écritures Dramatiques Wallonie-Bruxelles (CED-WB);
  • la mise en lecture publique au Rideau de Bruxelles du texte ayant fait l’objet de l’aide par une équipe d’interprètes professionnels, lecture dirigée soit par le ou la lauréat.e, soit par un.e artiste de son choix.

Les lauréates présentent en quelques mots leur projet


Nerina Cocchi – Ad Nauseam

M’inspirant des journaux de bord de femmes aventurières, et partant moi-même à l’aventure en voilier en Arctique en juin prochain, je me lance, avec « Ad Nauseam », dans un projet d’écriture – à travers différents média, mais surtout en « langue maternelle », selon la définition d’Ursula Le Guin1 – qui se questionne sur la place, sur la liberté d’action et de mouvement de la femme dans notre société.

1« La langue maternelle est un langage non pas de simple communication, mais de relation, de mise en relation. C’est un langage écrit, mais pas par des scribes ou des secrétaires pour la postérité : [c’est un langage qui] prend le vol de la bouche, sur la vague de la respiration qu’est notre vie et puis disparaît, comme l’expiration, qui disparaît complètement et pourtant est toujours de retour, répétée, la respiration, toujours la même, partout, et tous on la connaît par coeur. » Ursula Le Guin, Discours de fin d’études à Bryn Mawr College, 1986.


Réhab Mehal – La Fille du Sacrifice

Comment résumer la Fille du Sacrifice alors que son écriture n’est pas finie ?
Comment résumer en quelques phrases une histoire en rhizome, où la petite côtoie la grande mais surtout toutes les autres petites histoires et celles encore non racontées ?
Aujourd’hui, le 2 février 2019, à 8h trente et une, je dirais que c’est l’histoire d’Ibra, croyante, arrière-arrière petite-fille d’Abraham.
De ses 4 à 44 ans, on suit son parcours : une phase de déconversion débutée à l’âge de ses 19,9 ans, lorsqu’elle découvre le Sacrifice d’Isaac du Caravage. Puis une phase de reconversion, lorsqu’elle retrouve l’essence du Divin.


Emma Pourcheron – Combadego

Street P.I.Z [Poetic Intervention Zone]*

Un Maître et un Chien. Le Chien voudrait être son Propre-Maître. Mais il ne peut lutter contre le fait qu’il est un chien. Il se demande alors s’il ne pourrait pas être son Propre-Chien. Fort de cette intuition, il prend le maître au piège de son désir de rester maître.

*Un.e Street P.I.Z (celui qui emploie le mot est libre de choisir son genre) est un texte qui se dit dans la rue. À l’endroit où l’on joue un.e Street P.I.Z, s’ouvre une brèche, se crée une discontinuité dans le fil du quotidien. C’est alors que s’établit la Zone d’intervention poétique …